C'est avec un immense bonheur que l'on s'apprêta à retrouver nos héros de TOTO pour une seconde fois au Galaxie. Mais au départ,il fallut nous armer de patience car ce concert avait était reporté du 19 Octobre 2002 au 1er fevrier 2003. Cette attente n'a pas été vaine.
TOTO débarque sur scène avec les grosses caisses de Simon qui clignontent au rythme du son de batterie. Et oh surprise, sa cymbale ride était sur sa gauche alors que tout batteur droitier "normal" en a une sur sa droite. On en reparlera. Résonne alors un GOODBYE GIRL quelque peu modifié dans son arrangement en guise d'introduction. Directement suivi d'un medley avec GOODBYE ELEONORE, ainsi que la fabuleuse intro CHILD'S ANTHEM qui s'enchaîne sur le final instrumental haletant de I'LL SUPPLY THE LOVE. Nous l'avions bien compris dès le départ, les titres des quatres premiers albums seront à l'honneur ce soir et c'est tant mieux. Mais il faut aussi promouvoir le dernier album, THROUGH THE LOOKING GLASS, qui rappelons le est un album de reprise. C'est alors que des spots verts, jaunes et rouges éclairent la scène pour COULD YOU BE LOVED, la reprise de Bob MARLEY. On m'entendra même gueuler "yo Bob fait tourner le joint!". Pour notre grand plaisir, le groupe nous ressort du placard le formidable GIFT WITH A GOLDEN GUN. Steve "Luke" LUKATHER prend ensuite la parole et nous demande de lancer un vibrant hommage à Jeff PORCARO. Le public applaudit sans retenue et avec beaucoup d'émotion pour certains. Puis il rend hommage à George HARRISSON et entamme la reprise de WHILE MY GUITAR GENTLY WHEEPS des BEATLES dans une version personnalisée à la TOTO. Splendide. On avait remarqué dès le départ un guitariste supplémentaire sur la scène. Steve nous présente alors Tony SPINER et nous dit qu'il aura besoin de lui sur le morceau suivant. Effectivement sur le décoiffant BODISHATTVA (reprise de STEELY DAN), chacun y met de sa forte dose de technicité. Le son des percussions nous annonce ensuite le thème bien connu d'AFRICA. Le public ne manque pas de crier de joie et taper dans les mains. Que du plaisir. Surtout qu'ensuite, Mike PORCARO, une fois n'est pas coutume, prend la vedette et fait résonner le son de sa basse. Après cela, on a le droit au solo de David PAICH qui joue la partie de piano de 99, puis DON'T STOP ME NOW en compagnie de Luke. La fin de son solo est sensiblement la même que celui de LIVEFIELDS. Belle leçon de piano-rock que nous a démontré Mister PAICH.
Luke prend la parole en prenant une voix de vieux mafieux, parodiant ainsi le film "Le Parrain" et nous demande d'applaudir David "Don Corleone" PAICH. Celui-ci se fait acclamer comme il se doit par un public ébahi. En plus de jouer de la gratte, Tony SPINER est chanteur. Il le démontre admirablement sur le morceau suivant, STOP LOVIN' YOU, grand tube du groupe dans les années 80. Cette version n'a rien à envier à l'originale chantée par Joe WILLIAMS. Superbe et intense! Luke,la grande gueule du groupe, qui sait indiscutablement y faire avec le public nous gratifie ensuite d'un solo de guitare semi-acoustique. Maîtrise parfaite de l'instrument avec à la clé de jolis tappings et des notes à toute vitesse en veux-tu-en-voilà. Rien à redire. La grande classe. Bien entendu la foule est en délire. C'est avec un immense bonheur que l'on entend ensuite le formidable WAITING FOR YOUR LOVE, lui aussi dépoussiéré et revisité dans une version semi acoustique qui change beaucoup de la version originale qui est en disco, mais tout aussi belle. Le shuffle mémorable de Jeff PORCARO sur ce titre est resté intact. Bravo Simon. Et la voix de Bobby KIMBALL fait toujours fureur sur ce titre. GEORGY PORGY, autre pièce d'anthologie retentit ensuite dans le Galaxie. Que du bonheur. Surtout que nos chers musiciens ne se privent pas de nous sortir un autre medley qui part dans tout les sens avec le solo de LION, suivi de l'instrumental final de HYDRA, lui même suivi d'ENGLISH EYES pour finir sur l'intro de 'TIL THE END. Ce medley, c'est des solos dans tous les sens. La grande classe. Ca le démangeait et maintenant ca y'est : le solo de Simon PHILLIPS. C'est parti pour quelques minutes hallucinantes prêtes à dégoutter tous les batteurs présents et à montrer ce qu'on peut faire avec une batterie aux autres. Le tout derrière des spots clignottant en rythme. Le pire c'est qu'on avait l'impression qu'il y avait deux batteurs. Au début il faisait un rythme "simple" (c'est relatif) avec les pieds et faisait des trucs complètement polyrythmiques avec les mains. Alternant mais droites et mains gauches : c'est là qu'on voit à quoi ça sert d'être ambidextre ! Jouer tantôt comme un droitier (sur le charley) et comme un gaucher (sur la ride) c'est quelque chose !
Luke, décidément très en forme nous assure un délire de plus. David PAICH joue aux claviers le thème de la série "Les envahisseurs" et Luke prend la voix du narrateur et raconte quelque chose du style "nous sommes les envahisseurs, on va venir dans votre maison et baiser vos animaux!". Vive réaction du public qui se prend d'un rire général. Sacré vieux farceur ce Luke. Plus sérieusement, sur la chanson suivante, Luke remet les choses au point. Ces derniers temps, de gros nazes se sont amusés à reprendre la sulfureuse ballade WON'T HOLD YOU BACK en techno ou en rap. C'est comme donner de la confiture à des cochons ou bousiller un Picasso. Y'en a qui ont honte de rien, je vous jure... Plus que jamais cette tournée est l'occasion de redire aux gens que cette chanson est à TOTO. A ce titre, la version interprêtée était sensiblement différente de l'originale, mais le solo "romantique" de Luke fait toujours sensation. Les nombreux briquets allumés en témoignent. Rosanna retentit ensuite dans le Galaxie pour notre plus grand bonheur. Et là encore Simon sortit le grand jeu quand il joua "à la gaucher" les parties sur la ride. Quand on sait déjà comme c'est diffile comme morceau à la batterie avec toutes les ghost-notes ! C'est toujours un moment intense que l'on partage avec le groupe. Sur le final, on à le droit une fois de plus à une improvisation majestueuse. Et à notre grande surprise, Luke subtilise la place de David aux claviers et nous démontre qu'il se débrouille admirablement derrière des synthés. Même si David le perturbe en lui mettant son chapeau sur la tête.
La guitare heavy de Luke est une fois de plus de retour sur AFRAID OF LOVE, titre désormais sorti des oubliettes. On reste dans les riffs d'aciers et l'immense classique HOLD THE LINE transcende une fois de plus le public. Celui-ci chante le refrain à merveille, puis sur la fin de la chanson, Luke fait les présentations des musiciens, chacun d'entre eux se faisant tour à tour acclamer par le public. Pendant un moment retentit la reprise de CAN'T GET NEXT TO YOU avant de finir sur le splendide final de HOLD THE LINE. Le groupe quitte la scène momentanément et le public ne se fait pas prier pour scander un rappel. C'est alors que Luke invite deux jeunes dans le public à monter sur scène. L'un d'eux s'incline respectueusement devant Simon PHILLIPS et dit à Luke "c'est un rêve qui devient réalité". Les veinards! Luke en profite pour remercier son public en disant que même si TOTO ne passe plus souvent à la télé ou en radio, il est content de voir que des gens prennent plaisir à venir les voir. Merci de la reconnaissance Luke. Le premier rappel est HOME OF THE BRAVE. Le morceau est très énergique. Une manière de mettre la gomme juste avant de partir ! Le groupe quitte la scène et rebelote, le public gueule avec le peu de voix qui lui reste pour un ultime rappel. Le groupe revient pour nous entonner le merveilleux WHITE SISTER. On contemple une dernière fois le beau spectacle. Mais tous les meilleurs moments ont une fin. TOTO quitte la scène sur ces derniers mots de Luke : "I hope we'll see you soon, God bless you all, peace on earth!".
Conclusion : un concert de TOTO qui passe près de chez vous est a ne manquer sous aucun pretexte. Tout simplement de la bonne zique et du bonheur assuré...
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